Pauline et Catherine reviennent sur leur périple, la participation à la Sénégazelle, une aventure humaine et sportive exceptionnelle, place au récit :

« Après une escale à Casblanca puis à Dakar, direction Fatik à 150km au sud de Dakar, dans le Delta du Sine Salou pour le premier bivouac de notre semaine. Malgré une organisation bien rôdée Quand on a vu l’acheminement de la logistique en chemin qui débordait d’un camion, on a rapidement été mise dans le bain de la culture de la débrouille. »

« Nous avions 80kg de fournitrures à acheminer récoltés grâce à la solidarité des écoles et de nos partenaires du projet. « 

Après un premier bivouac relativement calme et introspectif, la promiscuité de cette vie spartriate nous a vite rapprochée les unes des autres. 

Autre changement brutal à assimiler, l’amplitude thermique entre la chaleur et l’humidité locale et la météo hivernale d’un mois de février à St Philbert, « nous devions nous adapter pour tenir les 8 à 10 kms de chaque étape. « 

Et malgré les recommandations de l’organisation sur le respect des règles sanitaires, Catherine s’est faîte piègée par de l’eau non bouchonée et pas forcément bien tolérée par son système digestif. « J’ai vécu une à deux journées difficiles constatait Catherine ». Pauline a été solidaire et m’a attendu. »

Le côté sportif

« C’est d’ailleurs ce qui fait que Pauline a fini 3è. Elle m’a souvent attendu et aurait pu grapiller une place au classement » même si l’essentiel n’était pas là. Au final, La jeune femme termine les 5 étapes d’une dizaine de kms chacunes  à la 3è place, suivie de Catherine juste derrière. Grosse performance sportive de nos deux athlètes philibertine sur 52 filles ! 

Elles le confiaient l’une et l’autre:  » Nous avions envie de courir pour autre chose que le chrono. » Pauline, âgé seulement de 22 ans est toujours sportive, elle pratique notamment la boxe. » J’en ai eu marre de courir pour une place ou un chrono et quand maman m’a proposé ce projet, je n’ai pas hésité une seconde. Ca faisait sens. » 

Même chose pour Catherine qui bien que participant toujours à des courses ( Marathon de la Rochelle l’hiver dernier) avait besoin « de donner un but » à sa pratique.

Le choc des conditions de vie

« Curieusement, on a vite oublié notre confort occidental et on s’est accomodé de conditions minimalistes. La douche se résumait à un sceau d’eau. »

Côté relations humaines, « nous savions que nous allions prendre une claque mais elle a été plus forte que prévu.  Au delà du dénuement dans lequel les élèves apprennent sans jamais se plaindre, nous avons été confronté à la dure réalité que vit une grande partie de la planète. »

Pas de cantine dans les écoles visitées. Des sortes de cantinières ambulantes proposaient de la nourriture le midi. Mais selon le niveau de vie des familles, certains enfants pouvaient lâcher quelques pièces pour manger, ce qui n’étais ps le cas de tous, les plus pauvres, ne mangeaient donc pas avant le soir. 

Et que dire de cet épisode déchirant qui a marqué la mère et la fille émues aux larmes.

 « A boire, a boire, répétait un enfant pendant quelques minutes avant que l’on comprennent ce qu’il voulait. La direction de course nous avait donné pour consigne de ne pas distribuer nos rations d’eau bouchonnées à un seul enfant pour ne pas créér l’appel d’air. « Mais quand le cas se présente, comment refuser à un enfant ce besoin primaire et vital? « Alors que de nombreux autres enfants étaient arrivés, nous avons décidé de faire l’autruche, de partir et de les laisser étancher une soif qu’on image pas de pas assouvir ». Les heures suivantes ont nécessité d’échanger pour évacuer ce mélange de colère, de peine, de dénuement… La dure réalité de centaines de millions voire de milliards d’enfants…en 2022.

Une leçon de vie, de merveilleuses rencontres

« Malgré ces moments difficiles et la barrière de la langue, les sourires, la convivialité et la découverte de coutumes et de culture locales ( chants, danse, lutte sénégalaise…) nous ont fait prendre conscience de notre condition d’occidentaux assez enclins à la déprime et au manque de lucidité sur le confort superficiel dans lequel nous vivons. »

Un nouveau départ?

Marquées et « transformées » par ce qu’elles ont vécu, Pauline et Catherine ne sont pas contre l’idée de partir de nouveau avec cette organisation de la Sénégazelle qui a fait ses preuves.  » D’après de nombreux témoignages, la course au Népal apparaît comme quelque chose de différent et d’encore plus dépaysant. Pourquoi pas un nouveau départ à l’avenir », pour donner du sens à leur pratique de la course à pied. 

Bravo et merci à Pauline et Catherine pour ce périple et pour le partage de leurs émotions.

Julien Rabiller

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